
Les comportements d’évitement face à des vérités dérangeantes ne relèvent pas seulement de la maturité ou de la peur. Une étude comportementale menée auprès de jeunes enfants révèle que cette posture mentale se construit bien avant l’adolescence, et s’ancre dans des logiques émotionnelles et sociales complexes.
Connaître la vérité n’a jamais suffi à faire agir. Depuis l’enfance, notre rapport à l’information ne dépend pas uniquement de ce que nous savons, mais de ce que nous choisissons de savoir. À mesure que l’on grandit, certains savoirs deviennent trop lourds, trop dérangeants pour être accueillis sans résistance. C’est dans ce glissement progressif que s’ancre un comportement surprenant mais universel, désormais bien documenté sous le nom « d’effet de l’autruche « .
Ce glissement ne concerne pas uniquement les émotions négatives. Il touche aussi l’image que les enfants ont d’eux-mêmes ou encore leur rapport à leurs préférences personnelles.
L’effet de l’autruche éclaire les mécanismes cachés de nos décisions
Contrairement à ce que suggère l’image populaire, les autruches ne cachent pas leur tête dans le sable. Pourtant, cette métaphore illustre à merveille le comportement humain face à une vérité désagréable. Ce que les chercheurs nomment effet de l’autruche désigne cette tendance à éviter des informations potentiellement négatives, même lorsqu’elles pourraient nous être utiles. Parmi les raisons profondes de cette stratégie mentale, on retrouve la peur de l’anxiété, la volonté de ne pas remettre en cause ses croyances ou encore le besoin de préserver une apparence de justice tout en servant ses propres intérêts.
Ce phénomène, appelé « marge de manœuvre morale », montre que l’évitement peut servir des logiques bien plus complexes que la simple peur de la vérité.
Comment dépasser l’évitement pour mieux affronter l’incertitude
Le problème ne vient pas de l’incertitude elle-même, mais de la façon dont le cerveau la perçoit. À mesure que l’on grandit, cette perception devient plus émotionnelle, plus défensive.
Renoncer à une information pour ne pas remettre en cause ses convictions, par exemple, contribue à figer des opinions sans remise en question possible.
Face à ce constat, les chercheurs encouragent une approche active. Il s’agirait d’interroger ses propres blocages.
Accepter un certain degré d’inconfort permettrait de retrouver une curiosité adulte, débarrassée de la peur de mal faire ou de mal savoir.
Les enfants, lorsqu’on valorise leur capacité à apprendre de leurs erreurs, semblent plus enclins à chercher l’information même si elle est mauvaise. Ce levier pourrait bien être l’un des meilleurs antidotes à l’effet de l’autruche.
Comprendre et interroger ses blocages face à l’information peut aider à surmonter l’effet de l’autruche et encourager à curiosité ainsi que de nouveau choix.

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