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Hypnose, le pouvoir de se transformer,

Une des clés de l’efficacité de l’hypnose : sa capacité à débrancher les automatismes et à favoriser la flexibilité psychologique. 

Comme le révèlent les neurosciences, l’hypnose modifie nos processus cognitifs et sensoriels.

Elle entraîne à revisiter la réalité et la perception que l’on en a et, par là même, à développer des comportements et des facultés inédites. L’hypnose a ainsi la particularité de désamorcer certaines réactions programmées de notre cortex.

Beaucoup de comportements dont nous souffrons, dans lesquels nous sommes enfermés, et dont nous n’arrivons pas à nous libérer, sont des comportements devenus automatiques. »

Mieux jouer de nos sens, certaines personnes ont la capacité naturelle de coupler deux modalités sensorielles de natures différentes : un parfum et un son, un chiffre et une couleur, un goût à une forme, etc. Ce mélange des sens s’appelle la synesthésie. Cette prédisposition serait présente chez le nouveau-né et disparaît progressivement au cours de son développement, sauf chez environ 4 % des individus chez qui elle persiste toute la vie.

Le fait d’être synesthète pourrait aussi entraîner une meilleure capacité d’analyse et de mémorisation. Or des études montrent que cette aptitude peut être développée sous hypnose.

Ce qui expliquerait la facilité à modifier les perceptions sous hypnose, « Ainsi un objet peut être lié à un dégoût, une situation autrefois pénible, reliée à une sensation agréable.

Le soin par l’hypnose poursuit ce but : défaire des associations, en créer d’autres, bénéfiques. »

Penser autrement,

Le processus hypnotique, en passant de la focalisation de l’attention à un état de veille particulier, entraîne le cerveau à une gymnastique bénéfique. En effet, deux vastes réseaux cérébraux fonctionnent en opposition de phase.

Le réseau « par défaut », activé quand l’esprit vagabonde, entraîne à l’introspection permettant, par exemple, d’envisager l’avenir en se fondant sur ses expériences passées. Son activité est maximale quand nous ne faisons rien, mais diminue dès que nous réalisons une tâche cognitive.

À l’inverse, le réseau attentionnel est très peu actif, voire inactif, au repos, mais son activité augmente au cours d’une tâche cognitive.

Le va-et-vient entre ces deux réseaux a été mis en évidence pour la première fois en 2005; La bascule de l’un à l’autre optimiserait le fonctionnement du cerveau et minimiserait l’énergie consommée.

Plus certainement, l’hypnose, par sa capacité à modifier la perception de la réalité, favorise la « flexibilité psychologique », soit notre aptitude à prendre du recul face à une situation donnée. « Car si l’on est trop en prise avec un problème, on fait obstacle à sa résolution, explique Antoine Bioy, professeur de psychologie clinique et psychopathologie à l’université Paris-VIII. C’est quand on accepte que la situation pourrait ne pas changer que l’on s’ouvre à une autre possibilité.

» L’état hypnotique favorise ce processus. Il place dans une forme de perception globale dans laquelle nous recevons toutes les informations en même temps, sans fournir de signification. « Cet état de confusion permet de circuler d’un élément de la réalité à un autre sans avoir à justifier de liaisons.

Il nous sort de notre manière habituelle d’opposer des pensées, de faire des choix.

L’hypnose est ainsi un générateur de nouvelles solutions. »

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